samedi 1 juin 2013

ROUGE




                                                                    Collonges la Rouge

 Liu BOLIN   

    George ROUSSE                                                                

dimanche 25 avril 2010

“ The crossroads of the world “






Enfin une webcam fluide, sonore et en haute résolution :
http://www.earthcam.com/usa/newyork/timessquare/index.php?cam=lennon_hd
 
Celle ci permet de se plonger dans l'ambiance de Times Square, quartier symbolique de l'urbanisme de Manhattan surnommé "the crossroads of the world", sorte de microcosme dans la ville aux proportions démesurées notamment par ses enseignes et publicitées lumineuses dont la plus haute fait 36,6 m. de haut (Nasdaq).
 
 
 
 

jeudi 4 mars 2010

Learning from Logorama








En 1972, Las Végas représente déjà l’espace type d’une ville dominée par le signe au détriment de l’architecture (Cf "Learning from Las Vegas" de R. Venturi). Plus tard, le phénomène se répète en France avec certaines entrées de villes.
En 2010, Logorama (court-métrage de 16 mn de nombreuses fois primé) va plus loin encore :  les signes sont uniquement publicitaires et ont totalement recouvert les masses bâties. Ils sont partout : enseignes, façades, toitures, véhicules, montagnes, planètes, animaux y compris les habitants eux-mêmes. La forme ne suit plus la fonction mais le signe publicitaire.

Extrait du court-métrage, de nombreuses fois primé, sur le site de Logorama : 
Revue de presse sur Logorama :







































Images extraites du film Logorama - H5





Le Net : nouveau motif décoratif





Esthétique du pixel et esthétique topologique des flux sont nées de l’informatique et d’internet. Elles peuvent constituer une source d’inspiration comme motifs décoratifs pour des amménagement intérieurs, des percements de façades etc… Voici quelques exemples à travers une sélection de cartographies du web :














 

Designweenie


Carte illustrant les flux de navigation de l’utilisateur dans un site :
http://designweenie.com/portfolio/index.php/page/140
















http://www.e-things.org/


Les effets des vers sur internet, sans et avec traffic de vers pendant 15 minutes à minuit :
http://www.e-things.org/worms/













Drunk Men Work Here


Visualisation du comportement d’un moteur de recherche.
Chaque ligne représente un noeud, la longueur de la ligne est déterminée par le nombre de recherches et visites de ce nœud.
http://drunkmenworkhere.org/219
Animations (au format flash) :
http://drunkmenworkhere.org/219.php?a=yahoo
http://drunkmenworkhere.org/219.php?a=yahoo2hour






Caida Plankton


Visualisation de la croissance et topologie du National Laboratory for Applied Network Research Caching hierarchy :
http://www.caida.org/tools/visualization/plankton/






http://web.media.mit.edu/~dietmar/myspace.html 


Exploration et visualisation de réseaux sociaux :
http://web.media.mit.edu/~dietmar/myspace.html






Synapsis


Application permettant de visualiser partiellement le trafic du net (emails, navigation internet …) http://www.marumushi.com/apps/synapsis/






Caida UC Regents


Visualisation graphique illustrant la topologie d’internet à mi-janvier 2000 :
http://www.caida.org/research/topology/as_core_network/pics/ascore-ipv4-ipv6.200903_1250x850.png






Caida Walrus


Graphique hyperbolique de la graphologie d’internet :
http://www.caida.org/tools/visualization/walrus/
Images et animation :
http://www.caida.org/tools/visualization/walrus/gallery1/





Nexus


Graphe concernant Facebook calculant les similitudes entre amis en analysant leurs profils et mettant en valeur les liens entre personnes partageant les mêmes groupes d'interêts :
http://www.readwriteweb.com/archives/nexus_graphs_your_facebook_friends.php
http://www.flickr.com/photos/seeminglee/3880706498/
http://www.flickr.com/photos/boris/3964306788/









Social Collider


Illustre les croisements de connections entre les conversations sur Twitter :






Posthistory


PostHistory est un projet qui explore la notion de l'histoire dans les applications informatiques et des environnements en ligne :





ChrisHarrison.net


Illustration de la façon dont les villes sont connectées entre elles par le nombre de connections à travers le monde, plus particulièrement en Europe et en Amérique du Nord :








Carte du Net du 15 janvier 2005. Chaque ligne représente la liaison entre deux noeuds représentants deux adresses IP. Leur longueur et leur couleur représentent le délai entre ces deux noeuds et leur localisation :







Second life - http://secondlife.com/?v=1.1


La cartographie de l'univers Second Life :




















Activeworlds. AlphaWorld en décembre 1996


Cartes des demeures d' ActiveWorld. Evolution d' une métropole virtuelle :
















Smartmoney


Cartographie la performance boursière d' entreprises américaines par la taille des rectangles et leurs couleur :






Carnivore by RSG


Vision et écoute des flux de données du trafic internet (réseau local spécifique) en constant mouvement, habituellement non perçus par l’utilisateur :





mercredi 17 février 2010

Choisy numérique




Pour connaître le pourquoi exact de la courbure dissymétrique des degrés qui limitent au couchant la plate-forme du Parthénon, il suffit de télécharger librement l'oeuvre écrite d'A. Choisy :
http://www.augustechoisy2009.net/fr/documentos.php?id_nav=5


Extrait de l' Histoire de l'architecture d'A Choisy, tome I




lundi 8 février 2010

Petite expérience de 3D relief en temps réel





MK Electronics building (architect: Liljewall arkitekter ab, Sweeden) VBE presentation




En attendant la généralisation des jeux, des films et des téléviseurs en relief, voici un moyen simple de vivre cette expérience en temps réel :

1- Télécharger un des trois fichiers exemples ( ici MK_Elektronics_Building_WIN.exe), pour Windows ou pour Mac, au paragraphe "Sample Project Files" sur le site de Graphisoft (Archicad) : http://www.graphisoft.com/products/virtual-building-explorer/
2- Ouvrir ce fichier (réalisé avec le plug-in Virtual Building Explorer à partir d' Archicad)
3- Appuyer sur la touche Echap pour accéder aux options
4- Dans la rubrique Settings/Stereo view, choisir l’option Red/cyan
5- Réappuyer sur la touche Echap pour quitter le menu des options
6- Chausser des lunettes anaglyphes (les lunettes en carton rouges et cyan) puis se promener dans le projet grâce aux flèches du clavier. Utiliser la souris pour bouger la tête.


Par défaut, le regard est situé à 1,60 m de haut. Les obstacles sont détectés. Il est donc impossible de traverser les murs mais possible de monter les escaliers. Appuyer sur la touche retour permet d’afficher le plan du projet en 2d en superposition de l'image relief. La touche F permet de passer en mode Survol et ainsi de traverser les murs et de se libérer de la gravité. La touche M permet de mesurer des distances. La touche F8 permet de passer en mode vues parallèles etc...



vendredi 29 janvier 2010

L'approche biaise




L’ exemple du Palais Farnèse selon Bruno Zévi


Dans « Langage moderne de l'architecture » B. Zevi lutte contre la symétrie et la perspective centrale en architecture. Les édifices d’une ville ne doivent pas se comporter comme des objets finis, autonomes et donc auto-suffisants et l’angle constitue « la charnière de tout paysage urbain » :
« En théorie, le mouvement perspectif aurait dû exalter la profondeur. Tout volume aurait dû la souligner par ses raccourcis sur l’angle ; l’angle aurait dû devenir l’élément moteur du prisme et au lieu de l’isoler, l’aurait rendu partie intégrante du contexte urbain.

extrait de "Langage moderne de l'architecture" de B. Zévi

Prenons par exemple le palais Farnèse à Rome : c’est une boîte, d’accord ; on ne pouvait pas faire autrement en utilisant le langage perspectif ; pourtant avec des murs en biais, fuyants, il aurait donné une impulsion dynamique à la ville. Evidemment les angles auraient été tous différents les uns des autres ; celui qui donne sur le place aurait été éclatant et les autres discrets, pour ne pas interrompre la continuité des rues…Naturellement rien de tout cela. Le palais Farnèse ne transmet aucune réalité stéréométrique, il se décompose en un front principal, des murs imposants qui surplombent les ruelles latérales et, derrière, une façade presque indépendante. Le volume est une fin en soi, achevé, dépourvu de contact avec ce qui l’entoure, comme parachuté ; en tant qu’objet tridimensionnel, il n’est visible que d’avion. » (B. Zévi)


L’ Exemple de l’Acropole
Plan de l' Acropole

 
Selon C .Norberg-Schulz les temples grecs sont des corps individualisés déterminés par le caractère du lieu qui participent de la situation symbolisée par le site en "n’admettant aucun groupement géométrique qui pourrait symboliser un ordre général plus abstrait". La perception est alors asymétrique et non frontale car le visiteur n'est pas prévu pour être au centre de la perception. C'est à lui d'établir son propre parcours au sein d'un espace avant tout modelé par des édifices dialoguants et orientés par le caractère du lieu et le paysage deifié.

Une approche différente est faite par A. Choisy en ce qui concerne l'Acropole. Selon lui, "les vues d'angle sont celles que les anciens cherchent en général à ménager. Une vue d'angle est plus pittoresque, une vue de face plus majestueuse : à chacune son rôle; la vue d'angle est la règle, la vue de face une exception toujours motivée." En parlant du temple de la Victoire Aptère, il précise que "c'est encore par une déviation d'axe et par une dissymétrie en plan que Mnésiclès l'agrandit. Il dirige l'axe des Propylées de manière que le temple de la Victoire tourne sa face droit vers l'entrée".
Plus loin il ajoute que "C'est pour l'instant où l'on franchit la porte extérieure que toutes les inclinaisons d'axes sont calculées dans l'ensemble des Propylées. De même c'est de la porte des Propylées que l'Acropole doit apparaître sous son plus magnifique aspect. A droite le Parthénon, à gauche et à une distance moindre, pour compenser l'insuffisance de la masse, la gigantesque figure de la Minere Promachos. Mais ce n'était point assez d'exagérer les dimensions de cette statue pour lui assurer dans l'ensemble toute l'importance qu'elle doit prendre en face du temple dont elle balance l'effet : Phidias la met en relief par une déviation d'axe. Placée au milieu d'édifices tous orientés dans le même sens, la Minerve Promachos incline sur la commune direction de temples son large piédestal; elle se dessine par là comme une chose à part au milieu de l'Acropole; elle fait face à l'entrée et la dissymétrie qu'elle présente attire sur elle les regards plus vivement peut-être que la richesse de ses bronzes, ou sa hauteur de quatre-vingts pieds."
" S'agissait-il de mettre en évidence une statue, soit même un temple, nous savons quelles ressources ils trouvèrent dans la déviation des axes pour fixer les regards et commander l'attention."
Dans son histoire de l'architecture, A. Choisy parle d' une lecture de l’approche de l’acropole agencée autour de la succession de quatre images clés à hauteur humaine. Asymétrie et approche biaise exaltent le jeu des volumes. La présence de ces quatre séquences structure l'image globale du lieu. Le Parthénon et son large escalier asymétrique perçus en contrebas des Propylées sont approchés de biais selon un parcours ascendant. Puis c'est au tour de l'Erechteion d'être perçu de trois quarts.

Extrait de "Histoire de l'architecture", tome I, de A. Choisy


Dans « Vers une architecture », Le Corbusier sans doute influençé par l'analyse de Choisy sur l'Acropole, insiste sur l’intensité des volumes nés de désaxements : "Les fausses équerres ont fourni des vues riches et d’un effet subtil ; les masses asymétriques des édifices créent un rythme intense. Le spectacle est massif, élastique, nerveux, écrasant d’acuité, dominateur... l’Acropole étend ses effets jusqu’à l’horizon. Des Propylées dans l’autre sens, la statue colossale d’Athéna, dans l’axe, et le Pentélique au fond. Ca compte. Et parce qu’ils sont hors de cet axe violent, le Parthénon à droite et l’Erechthéion à gauche, vous avez la chance de les voir de trois quarts, dans leur physionomie totale. »

Cette exaltation de la vision volumétrique se fait donc au détriment de la force de la présence du caractère de la façade. La forme pleine qui n’est plus perçue frontalement perd de sa force symbolique au bénéfice d’une sensation spatiale plus affirmée par la perception des volumes.
Dés lors l'édifice perçu de biais ne s'appréhende  plus comme une fin en soi mais plûtot comme une sorte d'élément  d’inflexion au service de la lecture d'un espace plus ouvert et toujours en fuite.
Percevoir le bâti de biais ou de face n'est possible  que par la présence de volumes angulaires, d'une orthogonalité et  de mouvements canalisés (rues, routes etc…), ce qui n'est plus le cas pour un nombre toujours plus important d'architectures biomorphiques nées de l'informatique.




Le Parthénon en l'état actuel, vu des Propylées


 

jeudi 3 décembre 2009

JARDIN CORPS ET ÂMES (Festival de Jardins Chaumont 2010)





Heureuses les lèvres de chair !

Leurs baisers se peuvent répondre ;
Et les poitrines pleines d'air !
Leurs soupirs se peuvent confondre.

Heureux les coeurs, les coeurs de sang !
Leurs battements peuvent s'entendre ;
Et les bras ! Ils peuvent se tendre,
Se posséder en s'enlaçant.

Heureux aussi les doigts ! Ils touchent ;
Les yeux ! Ils voient. Heureux les corps !
Ils ont la paix quand ils se couchent,
Et le néant quand ils sont morts.

Mais, oh ! Bien à plaindre les âmes !
Elles ne se touchent jamais :
Elles ressemblent à des flammes
Ardentes sous un verre épais.

De leurs prisons mal transparentes
Ces flammes ont beau s'appeler,
Elles se sentent bien parentes,
Mais ne peuvent pas se mêler.

On dit qu'elles sont immortelles ;
Ah ! Mieux leur vaudrait vivre un jour,
Mais s'unir enfin ! ... dussent-elles
S'éteindre en épuisant l'amour !





René-François SULLY PRUDHOMME   (1839-1907)




Et si les jardins avaient le pouvoir de réconcilier les âmes? Retrouvons à travers ce jardin le sentier battu par Juvénal au premier siècle de notre ère : « Un esprit sain dans un corps sain ». C’est cette voie que les humanistes de la renaissance redécouvrirent. Voici bien une idée enfuie dans la terre de Chaumont, sous nos pieds, qui n’aspire qu’à fleurir.

Les jardins favorisent immanquablement le rapprochement des corps, mettant les perceptions des visiteurs au diapason et battant la mesure des cœurs. Et si maintenant les jardins devenaient ce lieu de tolérance et de réflexion apaisée jumelant les cultures, mariant les croyances et unissant enfin les âmes!



Le jardin est le catalyseur d’une réflexion intime autour de l’homme en tant qu’individualité corporelle et spirituelle immergée dans notre monde contemporain. La pureté assumée de sa composition veut libérer le champ des réflexions sur les enjeux et les contradictions de notre époque. En convoquant dans sa conception les références communes aux jardins arabo-andaloux et aux jardins thérapeutiques, ainsi qu’en attachant une importance particulière au choix d’espèces végétales rustiques, souvent sauvages, aux milles vertus alimentaires (poireau, blé, muscari, …), thérapeutiques (gentiane, sauge,…), sensorielles (lavandes, chardons des alpes,…), mellifères,  sensitives (mimosa pudica) ou psychomimétiques (ipomée,…), Burqa offre un terrain de méditation et de partage sur bien des sujets majeurs de notre société.



Le jardin est structuré à partir d’un massif central aux tonalités bleues, ceinturé d’une circulation et percé d’un îlot doré inaccessible :
-        L’îlot, bivalent, irradie de lumière le visiteur à son entrée dans le jardin et obstrue la perception globale du jardin. Il ne laisse découvrir son cœur de graminées, dynamique et tendu vers le ciel, qu’au fil de la promenade jusqu’au fond de la parcelle.
-        Le massif bleu aux énormes proportions se pare d’atour changeant d’Avril à Novembre pour régaler les sens des visiteurs. L’étagement de ses plantes conduit le regard jusqu’à l’îlot.
-        La circulation est travaillée comme un tapis réfléchissant de miroirs pilés qui rivalise d’intensité avec l’îlot et renvois l’enveloppe corporelle fragmentée à l’extrême du visiteur.

La curiosité est excitée par le contraste fort des lumières et des couleurs et par l’intrigant aménagement. Elle conduit le visiteur à circuler jusqu’au fond de la parcelle et pourquoi pas à marquer une halte propice à la méditation et au repos autour de miroirs d’eau intégrés dans le sol.

L’éclairage nocturne révélera le « négatif » du jardin en renvoyant le massif central au second plan au profit de la lumière jaillissant du sol et du cœur de l’îlot isolé.

Le souci apporté sur le détournement d’éléments de récupération (dans la conception des sièges ou la création des allées) et la redécouverte de plantes souvent modestes pour leurs qualités concourt également à présenter les jardins comme des lieux d’expérimentations responsables et universelles.



De la dualité de l’âme et du corps.
Si l’idéal humaniste prône la réunion des deux parties d’un même tout que sont le corps et l’âme, chaque société développe des relations particulières à l’un ou à l’autre.  Ainsi l’importance gargantuesque donnée au corps ces dernières décennies en occident s’oppose radicalement à la négation du corps féminin parfois observée parmi quelques communautés radicales.
Avec l’avènement de l’image reine, le corps acquiert une importance disproportionnée. Le massif central couvrant la majeure partie de la parcelle caractérise ce corps omniprésent et omnipotent. La forme même du massif épouse celle de la parcelle et suit les lignes tracées par le sentier pour souligner comment le corps peut être façonné par le contexte, comment il peut rester prisonnier dans son enveloppe. En rupture profonde, l’étincelle dorée de l’îlot révèle les richesses enfouies de l’âme pour sublimer et libérer l’individu.

Du rapprochement des corps et de la solitude des âmes.
Le poète le crie, les corps sont éphémères mais accessibles et généreux. Le rapprochement des corps est aisé une fois les limites de la pudeur (Mimosa Pudica) dépassée. Les âmes sont quant à elles immortelles mais volatiles et fuyantes. L’îlot de graminées, inaccessibles et isolées, suggère peut être ceci. Ces formes élancées, fragiles, et mouvantes sont couleur d’or. Leur noblesse vitalisent la parcelle toute entière. La lumière circule, de jour comme de nuit, entre les éléments de la composition, du corps à l’âme, de l’âme vers le corps. C’est toute l’utopie contenue dans le jardin que les visiteurs seront amenés à vivre. 




lundi 19 octobre 2009

Du bioclimatisme au "biosensorialisme"







Projetons nous dans le temps pour penser l’architecture au-delà des problématiques climatiques énergétiques et des systèmes techniques actuels.


Aujourd’hui, les panneaux photovoltaïques se roulent, la technologie des cristaux liquides permet de faire varier la transparence d’une paroi, les peintures produisent de l’électricité, le béton devient translucide et source de lumière, des tubes de nanocarbone sont utilisés pour produire de l’électricité, etc. Dans les prochaines décennies, toutes ces technologies ultimes affranchiront les architectes et urbanistes de toute contrainte technique : c’est la fin de l’hypertechnicité, de l’hyperstructure, de l’hyperfonctionnnalité…

En s’appuyant sur les évolutions actuelles des techniques de construction et des technologies liées (nanosciences…), l’habitat se base sur une nouvelle matière artificielle aux multiples facettes.

Cette matière, manipulée de l’intérieur et non plus de l’extérieur, passe de l’état de matière inerte à l’état de matière intelligente. Elément unifiant, elle assure l’autosuffisance énergétique. Les fonctions disparaissent à l’intérieur de la matière (matière structurelle, opacité réglable, captage énergétique, matière autonettoyante, absorbant la pollution, filtrant l’eau etc.).

La forme n’est plus liée à la fonction. D’autres préoccupations architecturales apparaissent, qui se tournent vers les fondements d’une architecture centrée sur l’Homme.

Délivrés ainsi de beaucoup de contraintes, quelles sont les besoins fondamentaux pouvant être à l’origine de la forme architecturale, des espaces, du rapport intérieur-extérieur ?






Cette nouvelle liberté permet de se concentrer sur l’homme au cœur des espaces urbains et architecturaux, sur les sensations éprouvées et sur les éléments naturels qui en sont à l’origine.


L’eau, le vent, le soleil sont amplifiés au sein de l’habitation selon leur aspects purement sensoriels : tactiles, olfactifs, sonores, visuels… Délivrés de leur fonction apport énergétique, ils deviennent ainsi les principaux acteurs de la formation des masses du bâti et donc des espaces du projet architectural. Le projet est en quelques sortes morcelé par les flux naturels venus de l’extérieur.

extrait du Traité d'architecture et d'urbanisme bioclimatiques _ Editions Le Moniteur


Cette approche dépasse les interrogations actuelles sur l’autosuffisance trop caractérisée par la technique. C’est la fin de la norme. La notion de confort est totalement refondée. Les normes de climatisation et d’acoustique sont obsolètes face à l’expression des sens. Les éléments naturels ne sont plus captés dans un souci climatique mais sensoriel.


Cette nouvelle matière naturelle, mise en valeur, accompagne désormais en contrepoint la matière artificielle. Le souffle et l’accélération du vent, le son d’une chute d’eau de pluie, l’aspect visuel d’une canalisation, les zones de microclimat, les senteurs deviennent autant de paramètres pour la création de l’habitat. Cette matière naturelle est présente essentiellement comme élément dynamique (sous forme de flux) offrant une relation essentiellement active et non contemplative.


La réalité physique étant mise en valeur et le confort étant désormais réglable à volonté, une nouvelle appréhension de l’espace domestique apparaît : un espace peut devenir temporairement volontairement désagréable à vivre mais riche sensoriellement (sons écoulement de l’eau de pluie, accélération du vent, microclimats…). Les espaces ne se nomment plus selon leur fonction. Un espace pour dormir peut se définir ainsi : silencieux, doux et soyeux, sombre et frais.


La matière naturelle, mais aussi les couleurs, les sons caractérisent les espaces intérieurs. Les cloisonnements traditionnels disparaissent au profit de barrières sensorielles temporaires : un mur d’eau, de végétation, de lumière, de son…



Project ourselves into the future in order to think architecture beyond the climatic and energizing matters and beyond the current technical systems.
Nowadays solar cells can roll; the liquid crystal technology allows us to change the transparency of a wall; paintings can produce electricity; concrete can become translucent and thus a light source; nanocarbon tubes are used to produce electricity; etc. In the coming decades, all these ultimate techniques will set every architect and every town planner free from technical restraints: it is the end of hypertechnicity, hyperstructure, hyperfunctionality …
Based on the current evolutions of the building techniques and of the modern technologies (nanosciences …), the accommodations are now founded on a new artificial material that has multiple aspects.
This material maneuvered from the inside and no longer from the outside goes from the status of inert to intelligent material. As it is the unifying element, it assures the energizing self-sufficiency. Functions disappear inside of the material (structural material, changeable opacity, collecting of energy, self-cleaning material, soaking up pollution, filtering water …).
Shape is no longer linked to function. New architectural concerns appear that are turned to foundations of an architecture focused on Men themselves.
Thus released from many constraints, what are the fundamental needs that could have given birth to the architectural shapes, spaces and to the connection inside/outside?
This new freedom allows us to focus on mankind in the middle of urban and architectural spaces, on the sensations thus felt and on the natural elements that are at the origin of all this.
Sensations brought by water, wind and sun are emphasized within the accommodation, merely for their sensorial aspects: touch, sound, vision … Released from their energizing functions, they thus become the main actors in the mass formation of the framework and then of the spaces of the architectural project. The project is somehow parceled out by the natural streams that came from the outside.
This approach goes beyond the modern interrogations concerning the self-sufficiency that is well distinguished by technology. Standards are dead. The idea of comfort is completely re-invented. Air conditioning and acoustical standards are perfectly old-fashioned in front of feelings. Natural elements are no longer captured as a climatic matter but as a sensorial one.
This advantaged new natural material now goes along with the artificial material. The breath and the acceleration of the wind, the sound of the rain, the visual aspect of pipes, microclimate areas and scents become as many parameters for the creation of the accommodation. This natural material essentially exists as a dynamic component (stream shaped) that offers a connection principally active and not contemplative.
Physical reality being now advantaged and comfort being now adjustable at will, a brand new vision concerning the home space appears: such a space can momentarily and willingly be disagreeable as a living space but full of sensorial resources (rain sound, acceleration of the wind, microclimates …). Spaces are no longer named thanks to their functions. A space meant to be a bed room can thus be defined as silent, soft and silky, dark and fresh.
The natural material, as well as the colors and the sounds, can distinguish the inner spaces. The traditional partitioning disappear in favor of some momentary sensorial walls: a wall made of water, of vegetation, of light, of sounds…